| Tolkien : La bière et les hobbits |
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| Écrit par Daniel Coulombe - Collaborateur | ||||
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L'oeuvre fantastique de John Ronald Reuel Tolkien est célèbre à travers le monde, surtout pour ses livres «Bilbo le Hobbit» et «Le Seigneur des anneaux», vendus à plus d'un million d'exemplaires. Ses parents étant anglais et le nom de Tolkien d'origine saxonne, il n'est pas surprenant que, dans le monde imaginaire des Terres-du-Milieu, on entende parler un tant soit peu de bières et de brasseries. Dans la biographie d'Humphrey Carpenter, on apprend que Tolkien avait son tonneau de bière derrière la cuisine et que celui-ci fuyait, à l'occasion, donnant aux pièces l'odeur d'une brasserie. Après une journée de travail - Tolkien était professeur à l'Université de Leeds, - ses collègues et lui se réunissaient souvent dans un pub. Entre deux histoires, on les imagine facilement en train de prendre une lampée de stout ou de porter. Cependant, c'est à travers les Hobbits, ces personnages pas plus hauts qu'un mètre, et qui sont, par analogie, des petits «British», que Tolkien a traité de l'art de la bière.
Les Hobbits fabriquaient leur bière dans le Comté et à Bree, régions des Terres-du-Milieu. La bière hobbite présentait plusieurs caractéristiques semblables à celles d'aujourd'hui, mais elle était fortement alcoolisée (de 8 à 10%). Les Hobbits aimaient faire vieillir cette boisson: un art qu'ils comparaient à celui des vignobles. Aussi, c'est plus tard dans leur histoire que les Hobbits abandonnèrent le vin pour la bière. La bière hobbite était destinée à être conservée durant de nombreuses années. On la distribuait sous forme d'enfûtage, dans des tonneaux de bois. Les Hobbits n'embouteillaient pas la bière en raison de la rareté du verre. En fait, le verre était plutôt un produit de luxe réservé aux grandes familles du Comté (par exemple, les Took et les Brandybuck). Les fenêtres des smials, petites habitations hobbites, étaient faites pour la plupart de bois. Certaines étaient fabriquées à partir de boules de verre, que l'on aplatissait afin de créer de petits vitraux cloisonnés. A l'époque, le verre était importé de Gondor. Les Hobbits buvaient donc la bière dans des pintes de terre cuite, fortement stylisées, aux motifs floraux ou champêtres. Dans la fabrication de la bière, l' eau figure parmi les matières premières et son influence sur la qualité de la bière est incontestable. A titre d'exemple, citons la Pilsen, une bière qui doit sa renommée aux eaux utilisées pour la fabriquer. Les Hobbits avaient compris l'importance de cet élément et c'est pourquoi l' eau était puisée à même le Baranduin, une rivière qui traversait le Comté. D'ailleurs, l'étymologie du nom de la rivière («Bralda-Hîm») provenait d'une plaisanterie chez les Hobbits à propos de la couleur mordorée de l' eau (en français, «bière capiteuse»). Il n'était pas rare de trouver dans le Comté plusieurs petites auberges à moins d'un kilomètre de distance. De la plus pittoresque à la plus luxueuse, chacune possédait un charme particulier. Très accueillantes, les auberges étaient des lieux de premier choix pour les regroupements du «Petit-peuple». Tous les Hobbits en âge de le faire avaient coutume de se donner rendez-vous dans une de ces auberges pour boire une bonne bière et discuter entre pairs. Le «Buisson de Lierre» était sans aucun doute la plus célèbre des auberges du Comté. C'était à partir du «Buisson» que se répandaient généralement rumeurs et racontars. Dans le quartier est, la «Perche dorée» tenait sa réputation de l'excellence de sa bière, ce que prétendaient du moins tous les Stoors (une race hobbite) du village de Stock. Toutefois, les Hobbits s'accordaient à dire que le «Dragon vert» était la plus ancienne auberge: chacun se faisait, pour cette raison, un devoir de s'y rendre au moins une fois dans sa vie. Il faut finalement se rendre à l'évidence: malgré la complexité du monde des Terres-du-Milieu et la passion de Tolkien pour la bière, il y a peu de chose à dire sur le sujet. La bière n'est ni le haut lieu ni le terrain privilégié du fantastique. Néanmoins, en cet an de grâce 1996, vous obtiendrez un plaisir double si vous prenez le temps de lire une histoire de Hobbits en savourant une bock ou une pale ale, et de préférence au coin du feu...
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