L'encyclopédie de la bière

Kaltenberg : histoire en marche en Bavière

Prince de sang issu de la prestigieuse famille des Wittelsbach, gouverneur de la Bavière durant 700 ans (1180-1918), LUITPOLD de BAVIERE possède la classe intrinsèque qui sied à l'aristocratie. Simple, accueillant, convivial, l'homme a du charme et sait en jouer lorsqu'il casse élégamment son dos en un baise-main d'anthologie devant une dame. D'ascendance royale, son arrière-grand-père, Louis III de Bavière, oncle de Louis II, succéda à ce dernier à sa mort tragique et fût le dernier roi de ce royaume brassicole que Napoléon III refusa d’incorporer à la France alors même qu’il se donnait à lui…

Quand la bière fait l’histoire!

La proclamation de l'empire allemand au profit de la Prusse, antichambre de la République de Weimar en 1918, mit fin à l'indépendance de cet Etat Libre de Bavière, "Freiheit von Bayern", une expression réutilisée aujourd'hui avec fierté par les habitants de ce land considéré à juste titre comme «le premier soliste de l'état fédéral allemand!» par Géo Magazine. Pragmatiques, les princes de Bavière sont brasseurs de père en fils depuis toujours, puisant leur revenus au fond des cuves de leur excellente bière «blanche» qui fait la réputation de cette contrée brassicole forte de 900 brasseries! A cet égard, le Prince Luitpold sait ce que la Bavière en général et sa lignée en particulier doivent à la bière à qui ils ont tout donné et de qui ils ont tout reçu. Respectueux du passé, le Prince a le sens de la famille puisqu'en maintenant la tradition brassicole, il poursuit l'oeuvre historique entamée il y a 9 siècles par ses ancêtres. Maîtres de la cour, brasseurs par passion autant que par intérêt au vu des subsides que leurs procurait la boisson banquière, les Prince-Electeurs de Bavière dont le royaume comprit jusqu'à la presque totalité de l'Autriche et la Bohême pour s'étendre jusqu'aux marches de Hongrie, s'octroyèrent dés 1566 le monopole de la «Weissbier», la bière blanche au malt d'orge et de blé mêlés, devenue l'un des fleurons gastronomiques bavarois. Le conservant jusqu'en 1818, ils surent s'attirer les bonnes grâces des plus grands buveurs de bière au monde que sont leurs concitoyens qui consomment annuellement 250 litres par habitant(e)… en moyenne! Il est vrai qu’avisé, le Duc Wilhem IV de Bavière avait dés 1516 institué une loi de pureté régissant la fabrication du blond breuvage qui se devait d’être seulement composé de 4 éléments, eau, céréales, levures et houblon, et eux-seuls. Le houblon devenant l'unique épice de la bière, le Prince-Electeur en faisait ainsi une source de revenus colossale du fait que la Bavière en possédait des forêts entières dans son jardin de l'Hallertau, au nord-est de Munich. L'or vert entrait de plein pied dans la saga brassicole, détrônant les assemblages d'épices tel le "gruyt" des Prince-Evêques de Liège, bavarois eux-aussi et alors omnipuissants du fait de la fortune que leurs rapportait cette mixture lourdement taxée... La "Rheinheitsgebot" ou Loi de Pureté entrait dans l'histoire par la grande porte, devenant la plus ancienne réglementation régissant la composition d'un produit alimentaire au monde, à telle enseigne que les Bavarois, au moment du rattachement de leur état à la République allemande, exigèrent son insertion dans la constitution nationale. De plus, afin de s'assurer ad vitam aeternam les faveurs des buveurs de bière, le Duc Wilhem V édifia à Munich en 1589, à deux pas de sa résidence, histoire de pouvoir s'y rendre quand bon lui semblait, la «Hofbräu» ou Brasserie de la Cour. Devenue propriété de l'état en 1852, ce monument élevé à la gloire de la dive mousse est de nos jours mondialement connu comme la bierstube la plus fréquentée de la planète.

«Mon royaume pour un tournoi!»

Homme d'affaires efficace, le Prince Luitpold von Bayern mène aujourd'hui au mieux ses affaires tant nobiliaires que brassicoles. Brasseur de renom dont les armes princières portent haut les couleurs blanche et bleue de son pays, il peut être fier de la réputation de ses bières, incontestable oriflammes gustatifs de sa famille internationalement réputées comme des princesses liquides de Bavière. Pratiquant la défense et l'illustration de la bière comme jadis ses glorieux ancêtres la veuve et l'orphelin, le Prince LUITPOLD von BAYERN se souvient que la «Weissbier» sauva par ses bénéfices le parti catholique bavarois durant la Guerre de Trente Ans. Le royaume encerclé par la réforme ne devra son salut qu'aux troupes équipées et armées par ladite «Weissbier», ange blanc protecteur et salvateur du très catholique état libre de Bavière face aux hordes suédoises. Un bonheur pour le descendant de ces brasseurs patriotes courageux et téméraires qui les honore en dépassant le seul brassage, ayant depuis une dizaine d'année trouver un moyen ingénieux de marier ses activités roturières et son ascendance royale. Chaque été, il inaugure avec l'incommensurable plaisir donné à ceux qui savent que le passé forge l'avenir, le Tournoi de Chevalerie de Kaltenberg, sur les terres de son château-brasserie qui, l'espace de trois week-ends de juillet, retourne quelques siècles en arrière. Sise à Kaltenberg prés de Geltendorf, au nord de l'Ammersee, à 40 km à l'ouest de Munich, cette brasserie est un écrin qui recèle des bijoux gustatifs merveilleux brassés sur place ou en la seconde brasserie proche de Fürstenfeldbruck, comme la König Ludwig Weisse la Prinz Regent, la Ritterbock, la Kaltenberg Hell, Spezial, 3,8 ou Light, Volksfest Bier, la Königlische Festtags-Bier ou la König Ludwig Dunkel, dédiées à la mémoire du roi Louis II de Bavière, le glorieux ancêtre familial. Hommage à cette dernière bière, le tournoi reconstitue de l'entrée du site jusqu'aux tréfonds de la propriété, un Moyen-Age plus vrai que nature mis en scène avec un soin maniaque du plus bel effet. Depuis 1979, cette fête grandiose et fidèle reconstitution médiévale mondialement connue est une totale réussite qui voit chacune de ses éditions applaudie par plus de 100 000 spectateurs, au cœur d'un Moyen Age empli d’une poésie chevaleresques digne de la Table Ronde celtique. Quand aux joutes elles-mêmes, elles transportent d'enthousiasme les milliers de spectateurs tant par leur fougue et leur réalisme qui doivent beaucoup à la troupe de cascadeurs employés que par la beauté chatoyante des costumes et la grâce des montures. Managé par une troupe française d’élite, «les Cascadeurs Associés», fidèle au prince depuis 20 ans, le tournoi est dirigé par son chef emblématique, un cavalier émérite et maître d'armes de grand talent, Jackie VENON, à qui revient de droit le rôle mythique du félon «Chevalier Noir»! Réglés au millimètre comme un ballet, la parade comme les combats sont criant de vérité et d'audace, soutenus par une pyrotechnie remarquable d'à propos. Entouré d'échoppes, d'estaminets, de tavernes et de biergarten moyenâgeux du plus bel effet, servant bières et victuailles à volonté, cette manifestation festive atteint des sommets où se mêlent qualité et convivialité avec en Reine de la fête, la fameuse König Ludwig Dunkel, bière blanche brune délectable de la brasserie de sa majesté. Bon prince, le tournoi lui est dédié qui affranchit ses cuves cuivrées de 50000 litres de sang royal moussant. Bienvenus, ils aident à faire passer les 700000 saucisses consommées à la fête! Inoubliable pour tous ceux qui ont eu la chance et le plaisir d'y assister, le Tournoi de Kaltenberg du Prince LUITPOLD de BAVIERE l'a fait entrer dans la légende. Réaliste, au contraire de feu son cousin Ludwig, réincarné en Lohengrin, l'héraldique cygne blanc du blason familial symbolisant la pureté chevaleresque, Son Altesse le Prince LUITPOLD de BAVIERE confronte ladite légende à la réalité. Mieux même, il la transcende dans la magique alchimie de l'or liquide et n'oublie jamais de préciser, facétieux, que, les affaires étant les affaires, l'art de brasser en Bavière n'est pas de produire une bière qui calme la soif, mais une bière qui donne soif. Comme quoi l'antique tradition de ses prédécesseurs belliqueux ne l'a pas quittée qui veut: «qu'à vaincre sans barils, on triomphe sans boire"!».

Pour tous renseignements sur les éditions passées comme sur l’édition 2004, consultez le site Internet du tournoi: www.ritterturnier.de