L'encyclopédie de la bière

C-50 : Matière à révolte ou tempête dans un verre de bière?

Chers lecteurs, Salutations,

Bien que je ne vous connaisse encore que bien peu, je me permettrai d'assumer deux choses à votre propos : l'argent et la bière ont un rôle important dans votre vie (comme dans la mienne...). Comme le disait un grand sage américain: « La bière est la cause et la solution de tous les maux! ». Ce sage, Simpson, de son nom, aurait bien pu remplacer bière par argent et sa citation aurait tout aussi été juste.

Pourquoi une si longue entrée en matière? Car au coeur de ma chronique de cette semaine, j'écrirai sur la bière et l'argent, sur leur relation en trois temps tout en recensant le propos le plus pertinent du web brassicole francophone.

Avant de débuter, chers amis de la zone Euro, je vous demanderais d'être indulgent avec moi cette semaine. Bien que j'ai tenté de voir ce qui se tramait de l'autre côté de l'Atlantique dans le joyeux monde de la bière, ni Bièrorama, ni touteslesbieres.fr <http://touteslesbieres.fr>  ou bièrebel n'ont su m'inspirer pour cette chronique. Vous avez d'autres sites à me proposer...?

De plus, notez que le coeur de la présente chronique touche un sujet chaud au Canada. Soyez sans crainte, je ne vous fais pas la gueule!

À nos lecteurs québécois, mes chroniques se nourrissent de vos commentaires et propos. Cette semaine, les discuteurs de Bièropholie furent pour le moins en forme, d'où la raison que je rapporterai certain de leurs propos. Vous avez d'autres choses à rajouter, à dire ou à débattre? Écrivez-moi! Vous pouvez aussi, tout simplement, participer aux différents forums brassicoles québécois ou m'inviter à aller jeter un coup d'oeil dans la direction de vos endroits de discussion de prédilection...

Une loi mal écrite, des parlementaires mystifiés

Première des choses, félicitation à Fred Tremblay et Yowie pour avoir été deux des premiers à allumer sur ce qui se tramait et à mes collègues communicateurs brassicoles qui ont travaillé de concert afin de tenter un dernier effort afin de protéger notre boisson chérie. Pour faire une histoire courte, l'arrivée sur le marché de nouveaux spiritueux de substitutions (Poppers, U&I et autres) font mal aux gros distilleurs et aux coffres de l'État. Ces boissons, étant faites de liqueur de malt dénaturée et de saveurs artificielles sont présentement classées comme des bières, et non comme des spiritueux, ce qui permet leur vente en dépanneur, mais surtout une forte réduction du droit d'accise fédérale. On ne parle pas de simples sous. Par exemple, le fabricant d'un faux rhum titrant à 10% paie présentement 0,3122 $ par litre au lieu de 1,1696 $ si il s'agissait d'un spiritueux. Un tour de passe-passe lui épargnant près de 86 sous du litre (ou 73%). Bien évidemment, on parle ici de production de plusieurs milliers de litres par année.

Les distilleurs décidèrent alors de faire pression sur le gouvernement qui, lui, décida de « régler » le problème dans le dernier budget en automne 2007. Je dis bien « régler » car on a eu droit à une réponse politique classique. Au lieu de hausser les taux pour les spiritueux de substitutions ou de créer une nouvelle réglementation pour ceux-ci, on a décidé de décréter toutes boissons alcooliques titrant à plus de 11,9%, sauf le vin, comme des spiritueux, modifiant ainsi la définition de la bière.

Je vois plusieurs problème avec cet article de la loi C-50. Premièrement, les bières à plus de 11,9% sont des éditions spéciales, des tirages limités, des oeuvres d'art. On pénalise ainsi le fruit du plus noble labeur de nos brasseurs d'ici en quadruplant le droit d'accise pour ces produits, augmentant les prix, diminuant la profitabilité et la compétitivité des produits de chez nous.

De plus, les fabricants de faux rhum de ce monde n'auront qu'à diminuer légèrement le taux d'alcool de leur produit et échapperont à cette nouvelle règle, la rendant complètement inefficace.

Finalement, le pire est que c'est le genre typique de loi qui renforce le caractère « seconde classe » de la bière face au vin et qui pénalisera de surcroît les petits producteurs qui peinent déjà face aux brasseurs industriels. Les parlementaires, eux, n'ont probablement rien remarqué...

C'est avec des cennes qu'on perd des piastres

Parlant de sous... peu de temps après ma dernière chronique, Ti-Rick sur Bièropholie, a soulevé l'existence possible d'une guerre des bouteilles vides s'abattant sur le Québec. On ne parle pas ici de guerre ouverte, mais plutôt d'une guerre de tranchées. Certains dépanneurs, selon les discuteurs de bieropholie, refuseraient de reprendre les bouteilles de bières qui ne proviennent pas de leur commerce au moment du consignage. Quant à PAPAT444, il affirmait aussi que c'était le cas de son IGA local. Ayant eu moi même ce problème avec un IGA, j'ai fais quelques recherches pour vous. La Loi sur la vente et la distribution de bière et de boissons gazeuses dans des contenants à remplissage unique est claire : « Quiconque, [... offre en vente, vend ou distribue de la bière [...] dans des contenants à remplissage unique, doit accepter le retour après consommation [...] et rembourser la partie remboursable de la consigne. ». « Quiconque contrevient [...] est passible d'au moins 600 $ et d'au plus 30 000$ pour la première infraction et d'au moins 1 200$ et d'au plus 60 000$ pour toute infraction subséquente. ».

Est-ce que refuser de rembourser le dépôt sur certains produits est illégal? Je continue mes recherches du côté de Recyc-Québec et je vous reviendrai là-dessus.

Malt et essence : même constat, même combat

L'essence à Gatineau est présentement à 1,34 $ mais les détaillants, eux, meurent de faim ne touchant pas plus que quelques sous du litre vendu. Oui, le coût du brut ne cesse d'augmenter, mais les raffineurs font des profits de fou. La bière, elle? Même chose. Le coût des céréales ne cesse de monter dû au climat et aux niaiseries de subventions pour l'éthanol, les brasseurs artisanaux se font manger la laine sur le dos ne pouvant pas augmenter leurs prix comme les stations d'essence le font avec le carburant. RH, toujours sur Bièropholie, demande pourquoi quand l'orge brassicole monte de 70 $ la tonne, la tonne de malt régulier monte de 650 $. Si j'étais plus cynique, cher RH, je te dirais que les raffineurs d'essence se sont diversifiés dans le domaine du maltage... Si j'étais plus cynique...